Ils ont mangé son cœur et bu son sang
Il était pourtant du clan des innocents
Curieux de la culture qui l’avait adopté
A peine dérangé par un autel maculé
Il ne faisait qu’imiter les gestes des adeptes
Conditionnés pour faire de la mort un concept
Un art de vivre qui régissait leurs coutumes
Faites de sacrifices au cœur de la brume
Il aimait à pratiquer seul ses rituels
Afin de concrétiser son savoir séculaire
L’organique avait pour lui un caractère usuel
Comprenant quelques disparités animales nécessaires
Il savait manier la chair, même vivante
Certains disciples prétendaient qu’il avait un don
Pour mettre l’occulte en valeur de façon véhémente
Et révéler le véritable sens de ses manipulations
Il usait des tranchantes avec une indéniable facilité
Qui faisait naître un sentiment fort de jalousie
Y compris chez les illustres de la communauté
Qui voyaient en lui un être ambitieux et perverti
Ils ont recueilli son sang dans des calices
Disposés aux quatre extrémités de l’autel
Uniquement pour savourer pleinement le supplice
Et profiter de quelques dogmes originels
Ils ont regardé son cœur
Passer de vie à trépas, lentement
D’un air satisfait, presque monseigneur
Avant de se retirer, humblement
Laissant la brume envahir le mausolée
Pour qu’il accueil l’âme du défunt
Qui ne connaîtra plus comme parfum
Que l’odeur aseptisée de l’éternité
Par Pascal
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« Je meurs demain » se plaisait-elle à dire
A chaque solstice d’été, près d’une fontaine de jouvence
Elle fait semblant d’ignorer les évidences
A travers un regard ou un sourire
Elle se tient à l’écart de la civilisation
Et de tout ce qui représente une obligation
Pratiquement illettrée, influencée par d’anciennes traditions
Elle pense que le destin immortalisera son nom
A peine humanisée, elle préfère la discrétion
Offerte par les sous bois et les buissons
Elle s’intègre parfaitement dans un environnement
Hostile et ignorant, néanmoins vivant
Elle visite parfois ceux de son espèce
Guettant quelques moments intimistes
Elle ne peut comprendre la subtilité matérialiste
Et l’attachement aux bien que leurs cœurs ne délaissent
Elle se surprend à être envieuse même furtivement
Et retourne dans son fief, en silence
Elle trouve refuge dans l’éloignement
Et pense que sa survie dépend de son inexistence
Ils n’ont connu d’elle que des pas dans a neige, parfois une ombre
Et ont fait preuve de pitié dans les jours sombres
Ils n’ont retrouvé qu’un corps dans une cabane isolée
Une tombe obscure où ne figure aucune identité
« Je meurs demain » se plaisait-elle à dire
Elle avait choisi son heure, sous la lune orangée
Même si inconsciemment dans un dernier soupir
Le temps et la solitude ont fait d’elle une trépassée
Par Pascal
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