Mardi 14 février 2006
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En flânant devant les grilles du cimetière
Il ne peut s’empêcher de verser une larme attendrie
Pour celle qu’il considérait comme une amie
Souvenir d’un amour fragile et de sentiments doux amers
Il se souvient de ces nuits, la lune comme hôtesse
Où la solitude ne constituait qu’un refuge improvisé
Il traîne le pas près des tombes où parfois il se confesse
Ne cherchant qu’un confident, même parmi les trépassés
Il arrive parfois qu’au dehors un spectre s’étale
Envoûtant ceux qui approchent de son souffle défunt
Splendeur surnaturelle, charmante et sépulcrale
Elle évolue malgré elle entre volupté et chagrin
Il se souvient de ces nuits où victime de vertiges
A l’écho fin et plaisant d’une troublante complainte
Il se sentit défaillir, avant que son cœur ne se fige
Sous les murmures irréels nuancés de crainte
Il se souvient de cette douceur spectrale, de ses yeux
De son arôme, si enivrant qu’il en est exquis
Et de sa voix sensuelle, chant de brume où elle se réfugie
Pour oublier qu’elle n’est qu’un reflet mais toujours majestueux
Il ne connut d’elle que des faveurs éphémères
Laissant ressurgir ses désirs impurs
Sans prétention, elle livre ses secrets obscurs
Tendre et souriante, ondulante comme son suaire
Il se laisse entraîner sous de frêles caresses
Et se perd dans des regards au parfum d’éternité
En oubliant jusqu’à son existence, profitant de l’ivresse
Et du moment présent résultant d’une conscience ignorée
Il se souvient de la pâleur délicate, de son galbe spirituel
Qui font d’elle un être froid et éternel
Il arrive à l’occasion, lorsque la lune est pleine
Qu’elle déserte sa tombe, préférant la fontaine
Pour convoler librement loin de sa dernière couche
Eloignant l’image de son cercueil, relique de satin
Elle n’a pour seul réconfort qu’un prétendant à peine farouche
El la singulière conviction que son amour est vain
Il se souvient de cette nuit où tout n’était que silence
Les tombes se sont endormies, à jamais fermées
Pour ne laisser au simple mortel qu’un adieu sans romance
Sa consolante au charme funèbre s’en est allée
Par Pascal
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Dimanche 12 février 2006
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Humble artisan, dinandier de métier
La haut sur la colline, scrutant l’horizon
Il attend le crépuscule avec une larme immaculée
Le soleil couché, il s’en retourne tristement
Laissant libre cours à ses souvenirs
Il pense à son passé de mécréant
A sa bien-aimée qu’il a perdu autrefois
Pour avoir fait son devoir de chrétien
Et être en accord avec l’église et ses lois
Son nom fut gravé sur un vieux chêne
Et chaque soir que Dieu fait en ce monde
Il se rend près de l’arbre en essayant d’oublier sa haine
Elle est morte en un soir d’automne
Son corps torturé, balancé au bout d’une corde
Ne représente qu’un trophée lorsque les cornemuses résonnent
Nul ne clame l’indulgence du clergé
Ni la foi d’un inquisiteur à l’orgueil déplacé
Sauf peut être les lâches de Kensington
Ils blâment le dinandier, plus encor ses actes
Ils le condamnèrent à une exécution sommaire
Une pendaison, sur le chêne en hiver
Rejeté fut son pardon, refusé sa grâce
Il agonisa longuement avant le silence
Son nom fut gravé sur le vieux chêne, lieu de pénitence
Et chaque soir ils se rendent à la veillée
Près de l’arbre en essayant d’oublier
Et attendent… le crépuscule des pauvres
Par Pascal
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Dimanche 12 février 2006
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Elle s’est endormie en un soir d’automne autrefois
Au milieu d’une assemblée solennelle et de ses lois
Sur un autel entouré de vieux mégalithes
On peut entendre au loin les cornemuses qui résonnent
Annonçant un dernier sacrifice aux termes sacrés
Pour célébrer dignement la fin d’une réalité
L’on entend parler gaëlique ou celtique
Les chants se succèdent, mélodieux et nostalgiques
Sous le regard attentif d’un vieillard aux allures de druide
Les menhirs de Stone Henge se souviennent de cette nuit
Qui annonça la fin d’un peuple fier de ses origines
Empreintes de légendes qu’ils croyaient divine
Les menhirs se souviennent encor de cette nuit
Ou les enfants des Thuata sous leurs blanches tuniques
Ont étouffé leurs sanglots que la lune illumine
Puis les cornemuses au loin se taisent
Et l’on aperçoit le brillant d’une lame
S’abattre sur le cœur d’une femme
Les flambeaux s’agitent pour attiser la braise
Et l’on aperçoit le brillant d’une larme
Sans que la douleur évince son charme
Les druides s’agenouillent et regardent les étoiles
Les gens autours, le visage couvert d’un voile
Reste en recueillement devant le bûcher
Avant de partir, ils recouvrent les cendres d’une étoffe mordorée
Puis disparaissent à l’horizon, sans se retourner
Pour laisser la mémoire imprégner la pierre où elle se réfugie
Les menhirs se souviennent toujours de cette veillée
Ou le destin à choisi de détruire une part d’éternité
Pour ne laisser au temps qu’un héritage incompris
Par Pascal
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Vendredi 10 février 2006
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11:29
Il est adepte de sa propre conscience
Ne mettant jamais en doute sa confiance
Il pense que l’ego est une chimère
Inventée pour justifier la prière
Il se sait né du divin
Mais n’en revendique pas les liens
Parce que même un créateur
Ne peut réparer ses erreurs
Il admire la dévotion
Mais uniquement chez autrui
Et pense que son pardon
Vaut bien celui d’un dieu impuni
Croisant parfois les regards
Il sourit face au hasard
En pensant que seule sa raison
Est source d’humilité et de compassion
Il observe à l’occasion les gens charitables
Offrant ce qu’ils ont de plus misérable
En attendant chaque fois une reconnaissance
Même de la part des enfants en déchéance
Il s’efforce de mettre en avant une personnalité
Que la plupart des gens considèrent comme un défaut
Et joue avec finesse d’un charisme nuancé
En pensant que sa présence est déjà un cadeau
Par Pascal
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Vendredi 10 février 2006
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Elle s’est présentée devant les portes de l’abbaye
En espérant bénéficier de quelque hospitalité
Elle avait sans le savoir, troublé la sérénité de la communauté
Même si elle n’a voulu que le gîte et le couvert pour une nuit
Juste asile et protection, sans excès de générosité
Elle faisait l’objet de ragots et de chuchotements
Vêtue d’une noire pèlerine, le visage caché
Elle embaumait l’atmosphère de son charisme envoûtant
Pourtant étrangère elle paraissait connaître les lieux
Les moines sentaient en elle une aura insaisissable mais familière
Elle demeurait farouche et restait à l’écart des religieux
Pour préserver son âme des tentations de la lumière
Elle trouvait un intérêt particulier à écouter les murs
Et semblait agir sous l’influence d’une volonté inaltérable
Elle a passé la nuit à chercher dans l’obscurité et la froidure
Dans les entrailles de l’édifice, que les Dominicains devinaient redevable
Elle n’a trouvé son sommeil qu’elle souhaitait dernier
Que dans son vieux cercueil dans une crypte oubliée
Enfoui au cœur de sa terre natale
Dans les méandres des catacombes abbatiales
Par Pascal
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Vendredi 10 février 2006
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Il arpente les allées, battant le pavé
Avec un regard envisageant le péché
Marchant le long des cimetières
Et ne laissant derrière lui qu’une ombre austère
Il cherche la tombe qu’il ouvrira lentement
Afin de déposer un bouquet de roses noires
Sur un corps à l’écart du temps
Puis regarder son œuvre, en attente de gloire
Lorsque la nuit tombe, il devient chasseur
Refusant la peur il ne connaît que fascination
Ecarte la stèle avec cœur et ardeur
Et s’agenouille avec une certaine émotion
Priant son dieu d’un mystérieux cantique
Il tente avec quelques outils, de percer le secret
Et s’enivre de rites qu’il prétend initiatiques
Profitant du plaisir renouveler après chaque méfait
Il préfère les sépultures recouvertes de lierre
Et commet son acte avant que les roses ne fanent
Chaque nuit il se dit pourtant que c’est la dernière
C’est à ce moment que l’ont peut entrevoir le sourire du profane
Par Pascal
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