Chaque soir il regarde les siens s’endormir
Sans pouvoir les toucher, les sentir
Il regrette aujourd’hui de n’être qu’un revenant
Incapable dans son état, de consoler ses enfants
Il pense parfois respirer de l’air ou ressentir la faim
Même si son autre corps n’est plus que poussière
Il n’est pas encore adapté à son environnement
Et se surprend à faire les mêmes gestes, quotidiennement
Il essaie de communiquer, parfois de se montrer
Et malgré ses efforts acharnés
Il sait qu’il ne fait plus partie de ce temps
Et ne peut plus en contrôler les éléments
Il a maintes fois tenté de quitter cette maison
De trouver ce champ de brume permanent
Et a compris bien tard les raisons
Qui font de sa mort un isolement
La demeure est depuis longtemps désertée
La solitude et la colère sont désormais sa réalité
Il n’est plus qu’une ombre, une simple entité
Qui a perdu la foi au profit d’un instinct exacerbé
Par Pascal
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Il était de sang noble
Et a pourtant quitté ses vignobles
Pour rejoindre les rangs des jacqueries
Malgré les médisances et les moqueries
Il tint sa fourche fièrement
Parce qu’i pensait que son rang
L’obligerait à protéger ses gens
Qu’ils soient forgerons ou paysans
Malgré son acharnement et sa volonté
Il ne passa jamais pour l’un d’eux
Il ne délaissa jamais le lys, faute de mieux
Mais se retrouva ainsi condamné
Il fut rejeté par les mondains
Haï par ceux qui mourraient de faim
Il tendit une corde devant sa cheminée
Avant de faire un dernier geste désespéré
Laissant sur son guéridon un rouleau de parchemin
« J’ai tenté en vain de vous tendre la main
Regardez ce que vous avez fait de votre allié
Et contemplez maintenant votre destinée »
Par Pascal
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Elle avait donné naissance à un fils
Loin du village, à l’abri des regards
Afin de lui éviter maints préjudices
Elle espérait faire de lui un hussard
Il était né sous la lune montante
Avec quelques fougères en guise de couche
Il était attendu par les occultistes et les voyants
Au cœur même du pays d’Ouche
Il fut caché de la populace
Pour ne pas effrayer les simples d’esprit
Obnubilés par tant de forfanteries
Issues de quelques inquisiteurs perspicaces
Son existence n’avait rien d’un secret
Il fut traqué inlassablement
Les notables, par peur des paysans
N’avaient d’autre choix que diffuser leur décret
Ils avaient rendu légitime la recherche de l’enfant
Ne souhaitant pour le bien de la communauté
Que sa disparition ou son bannissement
Loin de leur terre et des familles apeurées
Ils avaient retrouvé le nourrisson et sa mère
Epuisés, allongés près d’une rivière
Ils les avaient ferrés puis mené à l’échafaud
En les dévisageant d’un air faraud
Ils avaient fait d’eux des trépassés
Simplement parce qu’ils étaient nés différents
Aux yeux des membres du clergé
Qui pense que seul un chrétien peut être innocent
Par Pascal
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